
Durée: 90mn - Théâtre de 170 Places
Artiste(s) : Olivia Bernabé, Antonio Gonzalez, Raphaël Tanant, Aurélien Tanant, Eloïse Nizan, Marie Petit-Jean, Moyu Zhang, Iris Blandin, Edouard Laugier, Adrien Jouffroy, Lionel Nansot, Federica Gamba
Auteur(s) : William Shakespeare
Metteur(s) en scène : Jérôme Méla
Wiktor Sadowski crédit/copyright de l'affiche.
Ce que Shakespeare dit de façon radicale, c'est que ce qui n'est pas, ce qui est de la seule étoffe de nos rêves, des songes, des désirs – c'est cela seul qui est et fait la trame secrète de notre vie.Cette citation opère un jour renversement fondamental : Macbeth cesse d'être une pièce sur un roi assassin pour devenir le portrait d'un homme dévoré par l'avant-coup de ses actes. Comme le souligne A. C.
Bradley, Macbeth possède une " imagination de poète " : c'est elle qui transforme l'ambition en visions hallucinées, rendant le poignard flottant ou le spectre de Banquo plus réels que le trône lui-même....
Cette lecture fait le pari que la trame secrète de Macbeth (ses songes, ses peurs anticipées) est le seul vrai personnage de la tragédie. Le réel (la cour, les batailles) n'en est que le décor flou. En donnant corps à ce qui n'est pas, Shakespeare montre que l'imaginaire ne prépare pas à l'action : il est l'action, et il consume. La forêt de Birnam n'avance pas : elle surgit du regard terrifié de Macbeth, parce que c'est là, dans son oeil, que se tisse la seule fatalité qui compte.Jérôme Méla
Le contexte historique : sorcellerie, politique et mécénat royal.Cette plongée dans l'imaginaire prend un relief particulier à la lumière des sources et du contexte de la pièce. Shakespeare puise dans les Chroniques de Holinshed (1587), mais prend des libertés majeures. Il transforme Banquo – complice du meurtre dans la chronique – en figure intègre, hommage direct au roi Jacques Ier, descendant supposé de Banquo.Ce choix est d'autant plus significatif que le roi était un fervent croyant en la sorcellerie.
En 1597, il avait publié son Daemonologie, un traité où il affirme que la sorcellerie est une " trahison envers Dieu " et approuve la chasse aux sorcières. Sa conviction était ancrée dans un traumatisme personnel : en 1589, il attribua une violente tempête en mer à un complot de sorcières, déclenchant la chasse aux sorcières de North Berwick (1590-1592).
Jacques Ier se croyait la cible d'un complot satanique et assista à la torture de sorcières présumées.En incluant les sorcières dans Macbeth, Shakespeare rend donc un hommage direct au traité royal – tout en prenant un risque considérable : présenter un régicide écossais à un roi écossais fraîchement couronné, dans un contexte encore brûlant de la Conspiration des Poudres (1605).
Pourtant, le pari fut un succès : dès 1603, Jacques avait fait de la troupe de Shakespeare les " King's Men ", et Macbeth consolida ce mécénat royal.
Ce que Shakespeare dit de façon radicale, c'est que ce qui n'est pas, ce qui est de la seule étoffe de nos rêves, des songes, des désirs – c'est cela seul qui est et fait la trame secrète de notre vie.Cette citation opère un jour renversement fondamental : Macbeth cesse d'être une pièce sur un roi assassin pour devenir le portrait d'un homme dévoré par l'avant-coup de ses actes. Comme le souligne A. C.
Bradley, Macbeth possède une " imagination de poète " : c'est elle qui transforme l'ambition en visions hallucinées, rendant le poignard flottant ou le spectre de Banquo plus réels que le trône lui-même....
Cette lecture fait le pari que la trame secrète de Macbeth (ses songes, ses peurs anticipées) est le seul vrai personnage de la tragédie. Le réel (la cour, les batailles) n'en est que le décor flou. En donnant corps à ce qui n'est pas, Shakespeare montre que l'imaginaire ne prépare pas à l'action : il est l'action, et il consume. La forêt de Birnam n'avance pas : elle surgit du regard terrifié de Macbeth, parce que c'est là, dans son oeil, que se tisse la seule fatalité qui compte.Jérôme Méla
Le contexte historique : sorcellerie, politique et mécénat royal.Cette plongée dans l'imaginaire prend un relief particulier à la lumière des sources et du contexte de la pièce. Shakespeare puise dans les Chroniques de Holinshed (1587), mais prend des libertés majeures. Il transforme Banquo – complice du meurtre dans la chronique – en figure intègre, hommage direct au roi Jacques Ier, descendant supposé de Banquo.Ce choix est d'autant plus significatif que le roi était un fervent croyant en la sorcellerie.
En 1597, il avait publié son Daemonologie, un traité où il affirme que la sorcellerie est une " trahison envers Dieu " et approuve la chasse aux sorcières. Sa conviction était ancrée dans un traumatisme personnel : en 1589, il attribua une violente tempête en mer à un complot de sorcières, déclenchant la chasse aux sorcières de North Berwick (1590-1592).
Jacques Ier se croyait la cible d'un complot satanique et assista à la torture de sorcières présumées.En incluant les sorcières dans Macbeth, Shakespeare rend donc un hommage direct au traité royal – tout en prenant un risque considérable : présenter un régicide écossais à un roi écossais fraîchement couronné, dans un contexte encore brûlant de la Conspiration des Poudres (1605).
Pourtant, le pari fut un succès : dès 1603, Jacques avait fait de la troupe de Shakespeare les " King's Men ", et Macbeth consolida ce mécénat royal.
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